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Ecrire et interpréter un texte, jouer avec les mots

Début

Inscriptions jusqu’au 20/09/21

Le texte support :

Le village des sourds nous transporte à Okionuk, un petit village polaire imaginaire. Là-bas, les habitants vivent au contact de la nature et entretiennent une culture de l’oralité hors du commun. Leur langue constitue leur principal trésor « discuter, c’est un sport chez nous ».

Un matin, un étrange marchand installe son camion noir sur la place centrale. Dans le catalogue qu’il distribue à tous, les villageois découvrent tout un tas d’objets inconnus. Au lieu de l’argent, le marchand leur offre de payer avec des mots : une chaudières coûte 199 mots, une couette à plumes, 59. Une fois les mots cédés, les clients ne pourront plus jamais les utiliser. Au fil des achats, la langue d’Okionuk s’efface et avec elles, les pensées, l’imaginaire et la mémoire du village. La pénurie de mots attise violences et rivalités. Quand les habitants ne s’expriment plus que par grognements, Youma Vlozomir, malentendante, est la seule à avoir conservé une langue secrète, celle des signes. Aujourd’hui, c’est elle qui nous raconte…

Le projet :

 A partir de cette fable théâtrale, je vous propose de concevoir un projet collectif, dans lequel les enfants écriront puis joueront (parfois leurs propres textes, parfois ceux des autres classes). Malgré notre éloignement géographique, nous allons réunir nos imaginaires dans un document poétique : un petit film dans lequel se juxtaposeront les mots, les visages et les émotions de toutes les classes qui participeront.

Les différentes étapes du travail s’articuleront autour d’une dystopie :

Et si certains mots étaient désormais interdits ? Si chaque jour nous avions obligation de nous délester de dix mots supplémentaire ? Comment résister ? Inventer une langue clandestine ? Mailler un réseau de mots à travers le monde ? Ecrire et enregistrer en secret cette histoire pour en conserver une trace et donner aux mots effacés la chance de renaître un jour ?

Au fil de l’année scolaire, je vous adresserai des consignes d’écriture, de jeu, et de captation (vidéo) qui permettront à mon équipe de réaliser le montage final.

Je m’efforcerai de rendre ces consignes les plus claires et précises possibles et rassurez-vous, vous pourrez y répondre avec vos contraintes de temps et de programme scolaire.

Déroulement :

Les trois consignes s’échelonneront entre octobre et avril. Je vous les transmettrai par vidéo et par écrit et serai naturellement disponible pour échanger en cas d’incompréhension. Le plus important n’est pas de les respecter à la lettre, mais de s’assurer qu’elles stimulent l’imaginaire et l’expression des enfants. Ci-dessous, un bref aperçu des orientations :

1/ Se souvenir des mots.

Les enfants pourront lire « le village des sourds » en préambule de l’aventure. Puis, en écho au texte, ils établiront plusieurs listes de mots : ceux qu’on utilise tous les jours / Les mots qui n’appartiennent « qu’à eux » et que les adultes ne peuvent pas comprendre / Les mots des personnes âgées, qui semblent venir d’un autre temps / Ceux qui racontent la culture et le pays dans lequel ils vivent (géographie, cuisine, légendes…) / Ceux qu’on voudrait dire plus souvent mais qu’on ose pas exprimer / Les mots qui font peur / Ceux qu’on trouve très beau et poétiques mais qu’on ne comprend pas vraiment. Pour se sentir libre, les enfants pourront choisir d’écrire certaines listes de manière anonyme.

Note : Poser des mots sur une feuille en les décrochant d’une syntaxe, c’est aussi prendre le temps de leur inutilité, de leur sonorité, et peut-être raviver le souvenir de leur implantation en nous.

2/ Inventer et écrire.

Chaque classe pourra ensuite se lancer dans l’écriture de textes courts avec des instructions précises, comprenant :

  • Une scène dans laquelle l’interdiction de prononcer en mot met les personnages en difficulté.
  • Un dictionnaire « personnalisé » destiné aux générations à venir qui voudraient retrouver notre langue perdue ( les enfants donneront des définitions poétiques et fantasques de mots courants ).
  • Un dialogue écrit dans une langue secrète qui permet aux personnages de communiquer clandestinement.

3/ Incarner et enregistrer.

Une fois les listes de mots et textes reçus, je prendrai un temps pour agencer l’ensemble et aboutir une partition écrite bien claire par classe.

Pour que l’imaginaire se tisse et circule entre tous, certains écrits proposés par une classe seront lus par d’autres et inversement.

Une fois les textes finalisés, les enfants pourront répéter puis s’enregistrer.

Je vous proposerai quelques règles pour les filmer : un fond uni coloré, une valeur de cadre, un code vestimentaire simple… afin que le montage final donne une sensation de continuité entre les élèves, tout en donnant à voir la singularité de chacun.

Un simple I-phone, rassurez-vous, vous permettra de capter des images de qualité.

NOTE : Dans les classes qui participeront au projet, nous souhaitons inclure une classe d’enfants malentendants, qui répondront aux mêmes consignes que les autres enfants, mais en utilisant la langue des signes (LSF). Par ailleurs, dans cette démarche d’inclusion, toutes les cultures, traditions et références aux langues étrangères seront naturellement accueillies avec bonheur.

Restitution :

A la fin de l’année scolaire, je vous adresserai le film monté, d’une durée de 15 minutes environ, permettant à toutes les classes de voir l’aboutissement de leur oeuvre collective, de la partager avec leurs proches et d’en conserver une trace. Le film sera également disponible sur le site du théâtre de la Colline.

De mon côté, pour que notre fiction se diffuse un peu dans la réalité, je copierai le film sur une clef USB que je glisserai dans une petite boite hermétique, puis j’irai dans une forêt pour l’enfouir sous les racines d’un arbre… comme une petite bouteille lancée au hasard pour des archéologues du futur !

 

 

 

En partenariat avec le théâtre de la Colline

Une CCN ouverte jusqu’en 5ème.

Coût de la CCN : 200 euros. Chaque établissement bénéficiera d’une CCN offerte à partir de la seconde inscription.


       Léonore Confino

 

Le goût de l’écriture est né d’observations dans ses « boulots d’appoints », en parallèle de ses études de cinéma documentaire. Il est attisé par les découvertes des textes de Roland Schimmelpfennig, Hanokh Levin, Naomi Wallace, Suzanne Lebeau, Pauline Bureau…

Avec Catherine Schaub, metteur en scène, elles pilotent ensemble leur compagnie depuis 2011 : www.productionsdusillon.com

En 2009 et 2010, elle écrit Ring et Building respectivement sur les thèmes du couple et du travail, publiées aux éditions l’Oeil du Prince. Elle co-dirige la Cie « productions du Sillon » avec la metteur en scène Catherine Schaub qui monte Building en 2011, dans le cadre de leur résidence à Poissy. Puis la metteur en scène s’empare de Ring : création au Petit Saint Martin en 2013 avec Audrey Dana et Sami Bouajila (nomination aux Molières dans la catégorie auteur francophone vivant).

En 2014, Léonore Confino et Catherine Schaub terminent leur trilogie travail-couple-famille avec une famille dysfonctionnelle : Les Uns sur les Autres créée au théâtre de Rungis, puis jouée à la Madeleine. Agnès Jaoui y incarne une mère à la dérive.

En 2015, l’autrice se penche sur l’enfance avec Le Poisson Belge, publiée aux éditions Actes Sud-Papiers, pour lequel elle reçoit l’aide à la création du CNT, le Prix Sony Labou Tansi et le prix de la pièce de théâtre contemporain pour le jeune public. Le spectacle est créé, toujours par Catherine Schaub, au théâtre de la Pépinière avec Marc Lavoine et Géraldine Martineau qui reçoit le Molière de la révélation féminine. Le duo développe ensuite, dans un processus de laboratoires avec des adolescents, Parlons d’autre chose, une plongée dans une communauté secrète de lycéens. Création au théâtre de Belleville.

En 2017, elles élaborent avec des neuro-scientifiques 1300 grammes (éditions Actes Sud-Papiers) sur le cerveau humain et ses recoins cachés, qui se crée en 2017 dans le cadre de la résidence de la compagnie à la grande scène du Chesnay, puis est reprise au théâtre 13 en janvier 2018.

En 2019, Côme de Bellescize met en scène  Les Beaux avec Elodie Navarre et Emmanuel Noblet au Petit Saint-Martin (éditée chez Actes Sud-Papiers sous le titre Enfantillages, nomination Molières dans la catégorie auteur francophone vivant).

En mai 2021 nait LIKE ME à la piscine de Clamart, programmé par le théâtre Jean Arp, un spectacle immersif en piscine à destination des adolescents, sur l’image de soi et les complexes… avec Simon Dusart, mis en scène par Pauline Vanlancker, porté par la compagnie dans l’Arbre.

EDITIONS :

Le village des sourds – Ed. Actes Sud-Papiers – Théâtre : publication en cours.

Parlons d’autre chose – Ed. Oeil du Prince – 2018 – Théâtre.

1300 grammes – Ed. Actes Sud-Papiers – 2017 – Théâtre.

Enfantillages  (les beaux) – Ed. Actes Sud-Papiers – 2017 – Théâtre.

Crimes et châtiments (ouvrage collectif) – Ed. Avant-scène – 2016 – Théâtre.

Le poisson belge – Ed. Actes Sud-Papiers – 2015 – Théâtre.

Les uns sur les autres – Ed. L’Oeil du Prince – 2014 – Théâtre.

Ring – Ed. L’Oeil du Prince – 2013 – Théâtre.

Building – Ed. L’Oeil du Prince – 2012 – Théâtre.

Informations

 Intervenant

Léonore Confino

 Axes

  • axe 1 - expression
  • axe 2 - citoyenneté

 Cycle(s)

  • Cycle 3
  • Cycle 4

 Domaine(s)

  • Arts
  • Langues
  • Lettres et sciences humaines